Témoignage de Monsieur Dominique Laize, éleveur Doux depuis 1992


Dominique Laize, éleveur de poulet/dinde avec un élevage de 2000 m2, à Parigné (35- Ile et Vilaine).

Dominique Laize, éleveur Doux

Comment en êtes-vous venu à faire ce métier ?

Par passion pour les volailles. Mes parents étaient éleveurs et faisaient de la vente au détail. Donc, lorsque qu’il a fallu trouver une nouvelle production pour permettre de nourrir toute la famille, il était naturellement logique de se lancer dans l’élevage avicole ! La taille de mon exploitation laitière m’a permis de monter mon élevage avicole ; ceci m’a permis et me permet de faire vivre ma famille et de financer les études de mes deux filles.

J’ai aussi choisi le poulet standard pour produire une viande de qualité, peu chère, pour que la majorité des gens puissent acheter facilement !

Qu’est-ce qui vous intéresse le plus dans votre quotidien ?

Travailler avec des animaux qui changent tous les jours, que je vois évoluer et se transformer au quotidien, à l’inverse des bovins : voir un petit poussin grandir et devenir un beau poulet blanc en quelques semaines est une chose superbe. Je suis moins tributaire de la météo par rapport à mes autres productions ; je peux aussi passer une journée dans mon poulailler et du fait de leur clarté, voir le temps qu’il fait à l’extérieur.

Racontez nous une journée type d’un éleveur ?

J’effectue un premier passage le matin vers 7h/8h où je relève les températures mini et maxi et la consommation d’eau et d’aliment. J’observe le comportement des poulets (leur répartition dans le bâtiment, leur activité) et je règle le matériel d’alimentation et d’abreuvement. J’analyse l’ambiance générale (chaud, froid, humide) et je règle ces paramètres sur la centrale de ventilation automatique.

Lors de ce passage matinal, si un critère n’est pas correct, j'analyse la situation, j'adapte le critère déficient, j'appelle mon technicien dès le début de journée : cela me permet de résoudre rapidement un problème dans mon élevage.

Au cours de la journée, je fais de brefs passages dans le sas sanitaire pour regarder les réglages de températures et pour observer le comportement de mes poulets : leur façon d’être est une indication de leur confort, de leur bien-être.

La nuit mon élevage est sous surveillance électronique, en cas de disfonctionnement ou d’écart de température, une alarme téléphonique et sonore m’informe des éventuels problèmes.

Avec quoi sont nourries vos volailles ?

Avec un aliment 100% végétal composé d’au moins 80% de céréales, contrairement à ce que l’on peut croire ! Notre programme d’alimentation est « personnalisé » à notre exploitation pour chaque nouveau lot.

Et avec de l’eau : un poulet boit deux fois plus d’eau qu’il ne mange d’aliment ; donc fournir une qualité d’eau irréprochable est la condition absolue pour faire un poulet de qualité !

Comment vous assurez vous de leur bien-être ?

Par le respect du confort de l’animal, qui passe par plusieurs critères :

  • Une bonne literie c’est à dire une litière de paille bien broyée, sèche et chaude et abondante (5kg/m2) ;
  • La présence du chauffage automatisé qui permet d’obtenir 34 degrés en phase de démarrage (grâce à un chauffage biomasse c'est-à-dire chauffage par une chaudière à bois depuis un investissement récent en 2007. Le chauffage est maintenu aussi longtemps que nécessaire par rapport aux conditions climatiques extérieures et par rapport au comportement de mes poulets ;
  • Un contrôle sanitaire permanent.

Etre réactif par rapport à une situation d’inconfort pour les poulets et trouver rapidement des solutions est un gage de bien-être pour les volailles.

Que disent les gens qui viennent voir vos élevages ?

Ils sont d’abord étonnés par la propreté du site d’élevage, l’accès au site sans se salir et toutes les protections sanitaires existantes autour des bâtiments (béton au sol, chaine interdisant l’accès des véhicules, panneaux « interdit d’entrée », sas sanitaires avec respect du changement de chaussures, tenues spécifiques à l’élevage, lavage des mains, etc.)

Ils sont aussi surpris par l’automatisation dans les élevages (aliment, eau, ventilation) gérée par un suivi informatique.

Les écoliers sont émerveillés et contents de voir des petits poussins dans un poulailler : c’est souvent une découverte pour eux.

Et les adultes ne connaissant pas la volaille ou plutôt la manière de la produire sont agréablement surpris de ce qu’ils voient !

Quelles sont les évolutions du métier d’éleveur à travers les années ?

J’ai 17 ans d’expérience mais au fil des lots j’apprends encore ! C’est un apprentissage permanent qui fait la richesse de ce métier.

Quelles améliorations sont en cours ?

Nous travaillons sur les économies d’énergie pour réduire la facture énergétique et économiser l’énergie fossile via la mise en place de la chaudière à bois et l’adaptation des rideaux (nouveaux concept d'isolation renforcée).

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